Le secteur du biogazQu'est-ce que le biogaz ?
Qu'est-ce que le biogaz ?Le biogaz est un gaz combustible, composé essentiellement (60%) de méthane (CH4) et de gaz carbonique (CO2), provenant de la décomposition de matières organiques, en l'absence d'oxygène. Ce procédé est appelé méthanisation. Le biogaz peut être produit à l'aide de digesteurs (méthaniser) ou être directement capté dans le centre d'enfouissement technique (CET). Toutes les matières organiques peuvent être transformées en biogaz, cependant tous les substrats n'ont pas le même potentiel méthanogène. Les lisiers, les déchets agricoles et les cultures énergétiques peuvent être méthanisés dans des petites unités de biogaz à la ferme ou dans des unités collectives qui traitent différents types de déchets associés à une part importante de lisiers. Les effluents peuvent être méthanisés au sein des stations d'épuration. Les déchets verts et les déchets municipaux solides peuvent également être transformés en biogaz dans des unités de méthanisation de déchets solides.
Le secteur du biogaz en FranceLa méthanisation dispose d'un potentiel économique et industriel important en France, notamment pour les agriculteurs, du fait d'un gisement abondant, et d'un nombre d'installations encore modeste en comparaison du potentiel. La loi num. du 3 aout 2009 de programmation relative à la mise en uvre du Grenelle de l'environnement, place la lutte contre le changement climatique au premier rang de ses priorités. Dans cette perspective, la loi confirme l'engagement pris par la France de diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050 en réduisant de 3% par an , en moyenne, ses rejets de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. La loi inscrit également un objectif pour 2020 de 23% d'énergies renouvelables dans la consommation d'énergie finale. La méthanisation doit atteindre une puissance électrique installé de 625MW en 2020 et une production de chaleur de 555 ktep/an. Ces objectifs reviennent à multiplier par quatre la production d'électricité et par sept la production de chaleur sur une dizaine d'années. Il s'agit de faire émerger une centaine de projets chaque année. Chiffres par types de projetsLa typologie des projets de méthanisation est variée, du fait de l'éventail large de types de déchets pouvant alimenter le processus de digestion anaérobie. Les installations de méthanisation agricole peuvent être scindées en deux catégories :
Mais le biogaz ne s'arrête pas au monde agricole, et fin 2014 on recensait également : 113 installations de biogaz fonctionnant sur l'exploitation des décharges, 10 sur les ordures ménagères, 87 sur des installations de traitement des eaux usées urbaines et 80 sur des installations de traitement des eaux usées industrielles et agro-industrielles. Le traitement des eaux usées est notamment porteur : une centaine de STEP sont déjà équipées de digesteurs, et de nombreux projets innovants sont en cours, mais la moitié du potentiel reste à exploiter, soit environ 1TWh/an... Ce qui explique la pertinence de l'organisation conjointe de Biogaz Europe 2017 avec le ).
Chiffres pour la valorisationFin 2015, plus de 400 installations de biogaz étaient raccordées au réseau (augmentation annuelle de 24%), pour une capacité installée de 365MW. 162 projets sont en attente de réalisation, pour une puissance cumulée de 116MW. La capacité d'injection de biométhane installée est actuellement de 260 GWh/an, l'objectif de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) étant de 3500 GWh/an en 2018, et 8000 GWh/an en 2023 (dont 2000 GWh/an de BioGNV, soit 20% des consommations de GNV).
Les mécanismes de soutien à la filière en FranceAfin d'encourager l'émergence de la filière, le gouvernement a mis progressivement en place des dispositifs de soutien à la filière:
Pour un récapitulatif des aides, consulter , et le site du Ministère de l'Energie :
La Région Bretagne et Pays de la LoireLes régions Pays de la Loire et Bretagne sont les premières régions d’élevage en France (la moitié du cheptel bovin et porcin s'y trouve), avec une forte présence des industries agro-alimentaires (1/3 de l'industrie française en chiffre d'affaire et effectifs). Elles ont donc un fort potentiel de développement de la méthanisation. Les gisements des matières méthanogènes sont importants : une cinquantaine de millions de tonnes pour les effluents d’élevage, près de 2 millions pour les déchets agroalimentaires et 2 pour les déchets de collectivités et services.
|

|
